Le Bourrier

Oriane Lassus

Ce livret de 40 pages, format 19/22 cm, imprimé en noir sur papier délicatement ivoiré, est en vente au prix mirifique de 10 euros.

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La même autrice, chez ION, a participé à Femme sorcière !

Oriane Lassus est autrice de bande dessinée.

Au fil des parutions, elle a développé un langage narratif et graphique très singulier, avec un trait toujours en mouvement refusant les lignes droites et les facilités.

Ses œuvres se sont inscrites dans la durée, que ce soit Quoi de plus normal qu’infliger la vie ? (Arbitraire), ses bandes dessinées numériques Sylvie pour la caisse 5, L'Ingrédient secret (Collection RVB), ou ses travaux pour la jeunesse, Le Meilleurissime Repaire de la Terre et Les Gardiennes du grenier (Biscoto), avec de nombreuses sélections, expositions, et notamment un prix de l’Éesi au FIBD d’Angoulême 2020 pour l’ensemble de son parcours.

En parallèle de la bande dessinée, elle expérimente en permanence différentes formes plastiques, différents supports. Céramique, bidouillages, dessin envahissant tout ce qui passe à portée… Ce livre montre un petit aperçu de ses explorations automatiques, qui accompagnent en sous-main ou dans les marges son travail de création, quand le stylo erre sans autre but que l’invention. Les petites figures qui émergent de toute part sont comme un laboratoire réjouissant et plein d’humour, source de mille micro-histoires en germe.

Ça grouille, ça se rencontre, ça vit dans tous les coins.

Elle dit : "En 2002, quand je suis entrée au lycée en arts appliqués, la liste des fournitures contenait un assortiment de Rotrings et je suis devenue folle de cet outil. La dureté de la pointe, la finesse du trait, ces cheveux d'encre noire, encre qui coule ou encre qui gratte. J'ai essayé toutes les tailles et élu ma préférée : bague rouge, 0,18 mm. En vingt-trois ans, j'en ai acheté et massacré des quantités, changé de marque, acheté des stylos entiers ou des pointes au détail, des cartouches déjà remplies ou des petites bouteilles d'encre, passé des heures à faire tremper, à secouer, à badigeonner des éviers de taches diffuses, imbiber des mouchoirs. J'ai même inventé une technique de débouchage à base de feu, efficace ou fatale selon les fois. Les stylos à pointes tubulaires - avec leur minuscule fil de métal qui laisse couler l'encre à travers la pointe, avec leur capacité à se boucher dès que l'encre sèche un peu parce qu'il fait trop froid ou trop chaud, dès qu'une petite fibre de papier se glisse dans la tige - sont des outils fragiles et capricieux. Alors pour garder la pointe en vie, il faut gribouiller, il faut tracer des traits coûte que coûte. Il y a des milliers de dessins que je n'ai faits que parce qu'il fallait ne pas laisser sécher ce petit morceau de métal, le temps d'avoir une idée, le temps d'imaginer comment dessiner quelque chose de plus important. (…) Un soir, à peine ai-je pris ma belle plume que je renverse mon encrier sur mon bureau. Quand j'ai fini d'éponger la petite flaque noire avec les feuilles que j'ai sous la main, je retrempe la plume dans l'encrier et trace une première forme au milieu des taches. J'appuie légèrement sur la pointe pour la redresser, une action anodine. Ma belle plume explose en en trois morceaux. Finalement, l'image me plaît. " (Oriane Lassus dans Oooo, La revue qui regarde le dessin #6)

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